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La vie de Rosalind Franklin, une pionnière dans le monde de l’ADN

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Rosalind Franklin

Rosalind Franklin est une scientifique britannique du XXe siècle. Issue des quartiers de Nothing Hill, elle s’est penchée sur la question de l’ADN et a notamment publié une photo qui a totalement révolutionné le monde scientifique. Malheureusement, elle s’est attiré les foudres de ses nombreux collègues masculins qui ont tout tenté pour réduire la qualité de son travail. Études Tech te raconte sa vie ainsi que ses principaux accomplissements.

Ses premiers pas dans le monde scientifique

Rosalind Franklin

Rosalind Elsie Franklin naît le 25 avril 1920 à Londres et plus précisément à Nothing Hill. Elle est issue d’une famille de riches banquiers juifs et élevée dans la plus pure tradition judaïque. De fait, elle a accès à la culture, mais elle n’est pas destinée à une grande vie professionnelle. Cependant, elle rêve de faire carrière dans le monde des sciences. À l’instar de Mileva Einstein, Rosalind Franklin se heurte à un obstacle majeur pour l’époque : Son genre. Malgré tout, elle s’accroche et développe assez rapidement un attrait pour les mathématiques. Ses parents la scolarisent à la St Paul’s Girl’s School, le seul établissement qui enseigne la physique et la chimie aux jeunes filles.

Ses études lui permettent également de devenir polyglotte puisqu’elle apprend le français et le latin en plus de son anglais. Elle finit par obtenir une bourse universitaire et est admise à la prestigieuse école de Cambridge. Les conditions d’étude sur place sont assez particulières. En effet, seulement 10 % des étudiants sont des femmes et elles ont l’obligation de se ressembler au premier rang. Enfin, elles peuvent passer le concours, mais ne peuvent pas obtenir le diplôme. Rosalind Franklin s’affranchit de ces codes et parvient à obtenir son doctorat en 1945 grâce à ses travaux sur la porosité du charbon.

L’apprentissage des rayons X

Après l’obtention de son doctorat, elle quitte l’Angleterre pour s’installer en France à partir de 1946. La vie française lui convient davantage parce que les Français sont bien plus ouverts d’esprits et acceptent plus facilement les femmes au sein du monde scientifique. Cela peut s’expliquer par le passage de scientifiques assez importantes comme Marie Curie ou Sophie Germain, qui ont prouvé que les femmes pouvaient être les égales de l’homme, peu importe le secteur. C’est dans l’Hexagone qu’elle s’exerce à la technique nommée la diffractométrie des rayons X. Cette méthode, également surnommée cristallographie, est utilisée pour étudier la structure cristalline des matériaux. Pour ce faire, un faisceau de rayons X est envoyé sur un échantillon cristallin. Celui-ci se diffracte dans plusieurs directions et en analysant son intensité, il est possible de déterminer le schéma de la structure cristalline du matériau puis de l’étudier ensuite.

Rosalind Franklin se sert d’abord de cette technique pour étudier le graphite et le carbone. Elle se rend alors compte qu’elle pourrait également s’en servir pour étudier l’ADN.

Les travaux sur l’ADN de Rosalind Franklin

Une situation tendue au King’s College

Au début des années 1950, Rosalind Franklin reçoit une offre en provenance de Londres. John Randall lui propose de créer son propre laboratoire dédié à la recherche sur l’ADN grâce à la diffractométrie des rayons X. Même si elle est très contente de sa vie en France, elle retourne en Angleterre pour rejoindre le King’s College en 1951. Sur place, elle est de nouveau confrontée à son statut de femme, ce qui va l’empêcher de travailler dans les meilleures conditions. Dans ce nouveau laboratoire dédié à l’ADN, elle a pour collègue Maurice Wilkins. Les deux scientifiques, au lieu de travailler ensemble, ne s’entendent pas et mènent, chacun de leur côté, leurs propres expériences sur l’ADN. Cette dernière a été découverte en 1871, mais sa structure n’était pas encore connue ce qui entraînait une vaste question : Comment cette molécule peut être au centre de la vie sur Terre ?

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La situation au King’s College va continuer de se tendre lorsque Rosalind Franklin publie ses premiers résultats concernant l’ADN qui viennent réfuter ceux de Wilkins. Si la jeune physicochimiste dérange autant, c’est notamment à cause de son genre. Pour les scientifiques britanniques de l’époque, il est impensable qu’une femme puisse posséder un tel niveau de connaissances. Malgré ce manque de reconnaissance de la part de ses collègues, Rosalind Franklin poursuit ses recherches et s’apprêtent à marquer l’histoire du monde scientifique, avec la publication de la célèbre photo 51.

La photo 51 : Un tournant dans l’histoire scientifique

En 1951, Rosalind Franklin réalise, avec son élève Raymond Gosling, la Photo 51 (ou Cliché 51), il s’agit de la première photographie de l’ADN. Celle-ci permet d’identifier la célèbre structure à double hélice A et B caractéristique de l’ADN. Ses compétences en cristallographie acquises en France lui ont grandement permis de réaliser ce cliché. Cependant, Rosalind Franklin fait un choix qui va lui porter préjudice par la suite. En effet, au lieu d’exposer le résultat de ses recherches au monde entier, elle préfère les approfondir afin de pouvoir confirmer ce qu’elle avance.

Rosalind Franklin

Ce choix fait les affaires de deux scientifiques de l’université de Cambridge, James Watson et Francis Crick qui construisent un modèle moléculaire de la structure de l’ADN en se basant sur les travaux de Rosalind. Bien sûr, elle n’en saura rien et ne va pas être récompensée pour ses travaux, du moins pas de son vivant. En effet, dans la revue Nature, l’ouvrage dans lequel les deux scientifiques ont publié leur modèle de la structure de l’ADN, Watson et Crick ont déclaré n’avoir eu aucune connaissance des travaux effectués au King’s College. C’est un mensonge, avoué bien plus tard, lorsqu’ils vont révéler que sans les travaux de Rosalind Franklin, il était impossible qu’ils parviennent au résultat qu’ils ont proposé.

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Rosalind Franklin, victime de l’effet Matilda

Après la publication du modèle moléculaire du duo Watson et Crick, les travaux de Rosalind Franklin vont également être publiés, pas en tant que support principal de leurs recherches, mais en tant que soutien permettant d’affirmer leurs propos. À cause de l’ambiance délétère qui règne au sein du King’s College, Rosalind Franklin est contrainte de quitter l’établissement en 1953. Elle rejoint le Birckbeck College où elle entreprend des travaux sur la virologie. Toujours grâce à la diffractométrie des rayons X, elle parvient à étudier comment les virus parviennent à s’assembler à partir d’une molécule d’ARN (Acide RiboNucléiques). Cependant, elle n’a plus le droit de poursuivre ses travaux sur l’ADN. En effet, ses recherches sont restées au King’s College et elle ne peut plus y avoir accès.

Après son départ, son rival de toujours, Maurice Wilkins, rejoint le duo formé par James Watson et Francis Crick. Ces trois-là ne vont pas se priver pour vanter leurs recherches et dénigrer Rosalind Franklin par la même occasion.

De fait, Rosalind Franklin rejoint la liste des femmes victimes de l’effet Matilda. Celui-ci a été théorisé par Margaret Rossiter, dans les années 60. Il dit que dans de nombreuses grandes avancées notamment dans le milieu scientifique, les femmes sont mises de côté pour mettre en valeur les hommes. C’est exactement ce qu’il se passe ici. De son vivant, Rosalind Franklin n’a jamais été reconnue pour ses travaux sur l’ADN contrairement à ses trois rivaux. Tout d’abord, ils ont réutilisé ses recherches à son insu étant donné qu’elle ne pouvait plus y avoir accès après son départ du King’s College. Ensuite, ils ont obtenu un prix Nobel en 1962 grâce à la découverte de la structure de l’ADN qui est considéré comme l’une des plus grandes avancées scientifiques du siècle dernier.

La fin de vie de Rosalind Franklin

À 36 ans, Rosalind Franklin est diagnostiquée d’un cancer des ovaires. Elle se sert des dernières années de sa vie pour avancer ses recherches sur les virus, ce qui lui permet de découvrir la structure du virus de la mosaïque du tabac puis elle multiplie les collaborations avec les États-Unis pour approfondir ses travaux. Elle décède prématurément en 1958, à seulement 38 ans de son cancer. Celui-ci peut s’expliquer à cause d’une forte exposition aux rayons X. Après sa mort, Rosalind Franklin ne va pas être tout de suite réhabilitée auprès du grand public. Tout d’abord, elle est ignorée par le commité du prix Nobel de médecine en 1962 au profit du trio Watson, Crick et Wilkins alors qu’à cette époque la récompense pouvait encore être remise à titre posthume (cette règle a été supprimée depuis, en 1974). James Watson publie un livre nommé la Double Hélice en 1968 dans lequel il minimise l’impact de Rosalind Franklin, dénigre son caractère et son comportement.

Une réhabilitation à titre posthume

Peu à peu, le temps va faire son effet, les langues vont se délier et Rosalind Franklin va être remise sur le devant de la scène. En 2003, James Watson, après l’avoir descendu dans son livre, a déclaré qu’elle aurait également mérité le prix Nobel de médecine. La même année, c’est Francis Crick qui dit qu’elle aurait pu résoudre seule le problème de l’ADN. Bien évidemment, aucun des trois membres de ce trio n’a déclaré que les travaux de Rosalind avaient été la principale source de leurs recherches sur l’ADN. Toujours en 2003, un Rosalind Franklin Award est créé. Il vise à récompenser les plus grandes femmes scientifiques. Enfin, en 2008, elle reçoit à titre posthume le prix Louisa-Gross-Horwitz qui récompense ceux qui ont grandement contribué à la recherche dans les domaines de la biologie et de la biochimie.

Aujourd’hui, Rosalind Franklin a enfin atteint le statut qui lui revenait de droit. Celui d’une grande scientifique qui a su traverser les obstacles imposés par son genre afin de pouvoir s’élever grâce à son savoir, son intelligence et ses compétences. Autrice du cliché 51, elle est à l’origine de la découverte de la structure de l’ADN qui a permis un nombre incalculable d’avancées scientifiques.

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