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Crypto Queen, l’histoire de l’arnaqueuse la plus recherchée par le FBI

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Crytpo Queen arnaque One Coin

À l’heure où les cryptomonnaies sont de plus en plus en vogue, des questions judiciaires et éthiques se posent face à l’essor de ces alternatives monétaires. En effet, comme dans tout autre domaine, des arnaques peuvent émerger, mais ici les conséquences peuvent être très lourdes. Zoom sur l’histoire de l’arnaqueuse “Crypto Queen” et sa fake money OneCoin.

Qui est “Crypto Queen” ? 

De son vrai nom Ruja Ignatova, la jeune bulgare, aperçue pour la dernière fois en 2017 à bord d’un avion pour la Grèce, fait aujourd’hui partie des 10 criminels les plus recherchés des États-Unis. Quiconque ayant des informations permettant de la localiser se verra d’ailleurs offrir 100 000 dollars par le FBI. 

En effet, Ruja Ignatova est à la tête de la plus grosse arnaque financière depuis l’affaire Bernard Madoff, qui, rappelons-le, avait escroqué près de 60 millions d’euros à ses victimes, grâce à la vieille et reconnue technique de pyramide de Ponzi. C’est cette même technique qu’a utilisée Ruja Ignatova, pour arnaquer ces victimes, pour un montant total de 4 milliards d’euros, dans près de 70 pays différents. 

Mais avant d’être arnaqueuse professionnelle, Ruja Ignatova, c’est aussi un CV impressionnant : université d’Oxford, passage par le cabinet McKinsey, etc. Cette oratrice-née incarne le rêve de réussite et arrive facilement à convaincre près de 60 000 personnes au Wembley Arena de London de rejoindre son “club”, promesse d’un enrichissement facile, et d’une “famille” sur laquelle s’appuyer. Eileen Barker, spécialiste des mouvements sectaires, qualifie d’ailleurs que le groupe mené par la Crypto Queen, emprunte aux “sectes millénaristes”

Le OneCoin, inventé pour “killer le BitCoin”

Dès 2014, les plus férus de numérique et de finance commencent à s’intéresser au Bitcoin. Mais une autre monnaie émerge : le OneCoin. Celle-ci suscite l’intérêt d’un public plus large. Projet très innovant, le OneCoin est censé révolutionner l’univers des crypto-monnaies en promettant 600% de taux de rentabilité. On pouvait même lire sur le site maintenant fermé : « Rejoins la révolution financière. La première cryptomonnaie transparente, s’adressant à tout le monde. Pour améliorer la vie de personnes partout sur la planète, nous donnons immédiatement accès à nos services financiers ». Convaincues, de nombreuses personnes investissent dans le projet, qui totalise rapidement 3,35 milliards de chiffre d’affaires et 2 milliards de bénéfices. 

Cryptomonnaie One Coin : le piège se referme 

Une fois inscrits et connectés sur le site, les investisseurs peuvent surveiller l’évolution de leur portefeuille. Mais l’allégresse est de courte durée. Au moment de retirer leur argent, rien ne se passe, le retrait est impossible. La monnaie n’existe, en fait, sur aucune place d’échange de cryptoactifs (exemple : Coinbase). Après l’enquête du média français Street Press, en 2018, on découvre finalement que le OneCoin ne se base sur rien de solide, et qu’il s’agit simplement du reflet d’un système pyramidal, dont les bénéfices sont lavés et blanchis dans les paradis fiscaux. 

Pourtant, bien avant cette enquête, la police écossaise émet des doutes et s’empare du dossier. OneCoin aurait alors tenté de soudoyer les victimes, en achetant leur silence via des accords d’indemnisations “confidentiels”, pouvant aller jusqu’à 50 000 euros. Mais c’est sans compter sur la détermination des institutions de près de 25 pays, qui ouvrent une enquête, juste avant que Bjorn Bjercke, expert norvégien de la blockchain, découvre le subterfuge. 

Les menaces vont même beaucoup plus loin que la corruption, puisque les victimes s’opposant à cet accord de confidentialité subissent des tentatives de menaces sérieuses. Un homme recevra une photo de main avec des doigts coupés, tandis qu’un autre, recevra une photo de ses proches et de son domicile avec en légende : “ils te manquent ?”. 

La disparition de “Crypto Queen” 

Malgré tous ses signaux précoces, l’entreprise reste ouverte et demande aux participants, en 2015, de verser leurs fonds via des intermédiaires, différents selon les pays. On notera : “IMS International Marketing Services GmbH” en Europe, mais aussi un IMS à Singapour, un autre en Tanzanie, ou encore un autre en Grande-Bretagne. Mais les doutes se multiplient, ainsi que les procédures judiciaires. En 2017, l’Allemagne interdit la commercialisation du OneCoin, juste avant que la créatrice annonce, à Lisbonne, les résultats de l’entreprise. Mais deux semaines avant de s’envoler pour le Portugal, Ruja Ignatova s’envole d’abord pour Athènes. Et c’est ici qu’on la verra pour la dernière fois. 

Si on ne sait toujours pas où est l’arnaqueuse, il en est de même pour l’argent volé. De nombreuses rumeurs circulent : tuée par des investisseurs mécontents, protégé par une mafia allemande qu’elle aura aidé à s’enrichir, méconnaissable grâce à une chirurgie esthétique faciale financée par l’argent corrompu… Bref, l’affaire est toujours en cours, et bien que l’histoire soit haletante, les victimes, elles, sont toujours en attente de leur argent. 

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